"J'avais un mal fou à
comprendre cet attachement aux lieux, aux liens du sang, aux objets, aux
choses, aux souvenirs même. Il me semblait que j'avais passé mon temps à
effacer des traces, à briser des liens. La moindre évocation du passé me
mettait mal à l'aise. Le moindre retour en arrière me vrillait le coeur.
D'ailleurs, depuis trois jours que j'étais ici, je me sentais comme un paquet
de larmes qui ne voulaient pas couler. La gorge serrée en permanence,
j'étouffais et n'avais qu'une hâte : repartir, m'arracher au passé, aux
fondations, aux racines, et retrouver la vie que j'avais réinventée de A à Z, à
travers mes livres, à travers Sarah, à travers mes enfants, en posant mes
valises dans un lieu neuf et sans mémoire, face à l'horizon, balayé par les
vents et les marées, où je ne connaissais personne et où rien ne me ramenait au
passé".
*
Je ne sais pas s'il est bien raisonnable de lire de
l'adulte alors que des piles de littérature jeunesse m'attendent, je ne sais
pas s'il est bien judicieux de lire du Olivier Adam pour moi en ce moment, je
ne sais pas si ce roman me fait vraiment du bien...
Ce que je sais c'est que j'ai été irrésistiblement
attirée par ce texte depuis sa présence sur les tables du rayon littérature,
que les 150 premières pages lues cet après-midi m'ont déjà beaucoup troublées,
que je me sens bien dans cette écriture, que je m'y retrouve.... et même si ça
me fait un peu de mal aussi.
Olivier Adam, Les Lisières, Flammarion, août 2012.
Moi cela m'a portée, je crois de façon plus positive que les autres. Je ne sais pas pourquoi, je parvenais à mettre plus de distance que d'ordinaire. Je crois que j'étais dans la compassion, alors que d'ordinaire avec O. Adam il m'arrive d'être dans la projection....
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