mardi 10 avril 2012

Veuf

FOURNIER Jean-Louis, Veuf, Stock, octobre 2011. 


"Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre. C'est bien triste. Cette année, on n'ira pas faires les soldes ensemble."

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"Je m'arrose de ton parfum pour que tu repousses"

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"Depuis que tu es partie, j'ai pu compter jusqu'à sept millions neuf cent quarante-huit mille huit cents. Tu as eu le temps d'aller te cacher loin. Je ne te trouve pas, je désespère. La partie de cache-cache dure trop longtemps. Allez, tu as gagné, tu peux sortir de ta cachette. Je n'ai plus envie de jouer. Sors de ta cachette, tu as gagné. Sors de ta cachette, je t'en supplie, j'ai perdu, j'ai tout perdu"

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Veuf c'est des petites phrases, des petites paragraphes, des petits chapitres, pour dire celle qui est partie, pour dire l'amour, pour dire le manque.

Le récit se construit au fil des réminiscences, des souvenirs, autour de Sylvie et de leur vie à deux. Il se nourrit aussi des réflexions et des inquiétudes de l'auteur sur l'absence, la vie après pour celui qui reste.

Mais Veuf c'est surtout une écriture. Un style à la fois poignant et empli d'humour noir qui donne tout son intérêt à ce récit éminemment intime. Une force d'évocation aussi. Cette maison de Charentes, fleurie, habitée de la présence de Sylvie a tout d'un petit paradis sur terre.

C'est enfin un très beau portrait de femme qui se dessine au fil des pages. Et ce livre, c'est un moyen de la faire revivre. Un peu. Pour nous, pour lui.

"Tout ce que les machines compliquées de la Salpêtrière n'ont pas réussi à faire, moi, je le fais avec des mots. Je te réanime"

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