MARTINEZ Carole, Du domaine des murmures, Gallimard, août
2011.
Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter
d'exister.
Je suis la vierge des Murmures.
A toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire
mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées.
En cet an 1187, Esclarmonde, Damoiselle des Murmures, prend
le party de vivre en recluse à Hautepierre, enfermée jusqu'à sa mort dans la
petite cellule scellée aménagée pour elle par son père contre les murs de la
Chapelle qu'il a bâtie sur ses terres en l'honneur de sainte Agnès, morte en
martyre à treize ans de n'avoir pas accepté d'autres époux que le Christ."
*
Eblouissant texte dont on commence à beaucoup parler.
C'est l'écriture de ce roman qui tout d'abord m'a plu. Une
écriture généreuse et envoûtante qui se savoure, se déguste, page après page,
chapitre après chapitre.
Et puis cette Esclarmonde me plaît : dans sa force, dans son
courage, dans ses faiblesses aussi. On aime la voir construire son destin, on
tremble de la voir déchanter, dépérir... mais c'est cette fragilité qui nous la
rend peut-être si proche et si humaine.
Et quelle belle et vivante peinture du Moyen-âge et de sa
société! Carole Martinez parvient à me réconcilier avec cette période
historique que j'ai toujours eu en horreur. J'ai été sensible aux forces des
croyances et autres superstitions, j'ai aimé le décor de forêt et de pierre, je
me suis enrichie de tous ces détails sur le départ en croisade des hommes...
Je reste ce soir sous le charme de ce roman, en un mot,
admirable!

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