mardi 20 août 2013

Le Louvre-Lens

Pour aller au Louvre-Lens il faut garer la voiture devant le stade Bollaert (sic) et marcher un peu. Rien d'exubérant dans cette architecture moderne et légère que l'on découvre au bout du chemin. Une humilité, une accessibilité qui rassurent. On rencontre d'ailleurs toute sorte de gens au Louvre-Lens. Des gens qui semblent oser ici ce qu'ils n'auraient peut-être pas osé ailleurs. Et ça aussi ça fait plaisir.

Suse (Iran actuel), Fragment du décor du palais du roi perse Darius Ier : archer de la garde royale, vers 500 avant J.-C (Briques siliceuses à glaçure).
La Galerie du temps offre un panorama très riche de l'histoire de l'art de l'Antiquité au XIXème siècle. Richesse des supports (peintures, sculptures, mosaïques, bas-reliefs, fresques, monuments funéraires, etc...) et richesse d'origines (A noter d'ailleurs l'accent mis sur les arts de l'Islam particulièrement bien représentés).  Beauté stupéfiante des oeuvres proposées, enfin. Toutes plus somptueuses les unes que les autres, plus pertinentes les unes que les autres. Sans compter les chefs d'oeuvres de grands maîtres comme Raphaël, Boticelli, Nicolas Poussin, Rembrandt, Georges De La Tour, Fragonard ou le sculpteur Barye pour ne citer qu'eux, que l'on retrouve là, ébahis. La visite se ponctue par la grande, l'immense Liberté guidant le peuple de Delacroix. A notre plus grande surprise.





Ispahan (Iran), Le Baptême, en 314, de Tiridate IV, roi d'Arménie, vers 1650-1700.



Jean-Louis Jaley, Ferdinand-Philippe, duc d'Orléans, 1844 (Marbre) / Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Monsieur Bertin, 1832 (Huile sur toile).


On a aimé aussi ce parti pris d'une présentation sous la forme d'une vaste galerie sans cloisons. Liberté de mouvement, visite plus intuitive, passages constants d'un support à un autre qui permet de dépasser la monotonie d'une présentation murale linéaire. On navigue, on butine, on ne s'impose pas, on se laisse attirer par les oeuvres autour desquelles on peut tourner. Et la visite en est d'autant plus agréable.

L'architecture lumineuse et métallisée (sobre mais élégante) permet les reflets, ouvre d'autres champs visuels dans lesquels le visiteur se trouve spontanément intégré.

Cette galerie par sa forme et son contenu offre une vision synthétique et efficace de l'histoire de l'art. Relativement courte et accessible à tous, elle permet une visite décomplexée. A noter enfin que les audioguides -ludiques et instructifs- participent de cet effort évident de démocratisation. 

Ce Louvre-Lens est à mon sens une belle, belle réussite qui réunit.

2 commentaires:

  1. Tu es vraiment douée pour prendre des vues originales... j'aime beaucoup ton regard sur les statues par exemple... Un endroit qui me plairait certainement. ;)

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  2. Je n'aime, quant à moi, pas du tout cette approche chronologique. C'est un peu de "l'histoire de l'art pour les nuls" plus méprisante qu'accessible . Les oeuvres doivent, il me semble, fonctionner entre elles, refléter la relation intime de l'artiste avec son humanité et sa civilisation. Comment cette juxtaposition, ce survol d'époque et de pays peut nous le faire sentir?
    Certes le musée est beau mais ne permet pas aucune intimité avec l'Oeuvre.
    J'aurais préféré qu'à Lens, le Louvre accorde des toiles avec une thématique particulière, le travail et l'homme, par exemple.....

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