"Je voudrais
saisir aussi la femme qui a existé en dehors de moi, la femme réelle, née dans
le quartier rural d'une petite ville de Normandie et morte dans le service
gériatrie d'un hôpital de la région parisienne. Ce que j'espère écrire de plus
juste se situe à la jointure du familial et du social, du mythe et de
l'histoire".
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"Il me semble
maintenant que j'écris sur ma mère pour, à mon tour, la mettre au monde".
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"Ceci n'est pas
une biographie, ni un roman naturellement, peut-être quelque chose entre la
littérature, la sociologie et l'histoire. Il fallait que ma mère, née dans un
milieu dominé, dont elle a voulu sortir, devienne histoire, pour que je me
sente moins seule et factice dans le monde dominant des mots et des idées où,
selon son désir, je suis passée.
Je n'entendrai plus
sa voix. C'est elle, et ses paroles, ses mains, ses gestes, sa manière de rire
et de marcher, qui unissaient la femme que je suis à l'enfant que j'ai été.
J'ai perdu le dernier lien avec le monde dont je suis issue."
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Je poursuis mon exploration de l'oeuvre d'Annie Ernaux.
Après La place dédié au père je découvre Une femme, son pendant, autour de la
mère. Parcours de vie qui émeut. Ecriture humble et sincère. J'aime décidément
beaucoup cette auteure. Ses mots coulent en moi d'une étonnante manière. Je me
retiens de poser déjà Les années sur la table de nuit.

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