dimanche 17 mars 2013

Une femme

Annie Ernaux, Une femme, Gallimard, 1987.


"Je voudrais saisir aussi la femme qui a existé en dehors de moi, la femme réelle, née dans le quartier rural d'une petite ville de Normandie et morte dans le service gériatrie d'un hôpital de la région parisienne. Ce que j'espère écrire de plus juste se situe à la jointure du familial et du social, du mythe et de l'histoire".

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"Il me semble maintenant que j'écris sur ma mère pour, à mon tour, la mettre au monde".

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"Ceci n'est pas une biographie, ni un roman naturellement, peut-être quelque chose entre la littérature, la sociologie et l'histoire. Il fallait que ma mère, née dans un milieu dominé, dont elle a voulu sortir, devienne histoire, pour que je me sente moins seule et factice dans le monde dominant des mots et des idées où, selon son désir, je suis passée.
Je n'entendrai plus sa voix. C'est elle, et ses paroles, ses mains, ses gestes, sa manière de rire et de marcher, qui unissaient la femme que je suis à l'enfant que j'ai été. J'ai perdu le dernier lien avec le monde dont je suis issue."

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Je poursuis mon exploration de l'oeuvre d'Annie Ernaux. Après La place dédié au père je découvre Une femme, son pendant, autour de la mère. Parcours de vie qui émeut. Ecriture humble et sincère. J'aime décidément beaucoup cette auteure. Ses mots coulent en moi d'une étonnante manière. Je me retiens de poser déjà Les années sur la table de nuit. 

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