Par un joli après-midi d'automne je vais m'enfermer dans la
salle obscure pour voir Amour que j'attends depuis mai dernier. Il fait nuit et
tout brumeux quand j'en ressors plus de deux heures après, troublée, éprouvée
mais charmée. Par l'humanité qui s'en dégage, par la pudeur et la dignité de
ses personnages, par la prouesse d'interprétation de Jean-Louis Trintignant,
par la présence gracieuse d'Isabelle Huppert que j'aime tant, par tout ce jeu
subtil autour de l'espace de l'appartement, par cette lenteur qui nous permet
de mesurer chaque plan, chaque geste...
On ne ressort pas indemne de ce film
mais on aurait tort de se passer d'une telle beauté esthétique.
Michael Haneke, Amour, 2012.

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