jeudi 21 juin 2012

Traverser la nuit


POUCHAIN Martine, Traverser la nuit, coll."Exprim", Sarbacane, avril 2012.


 "Pour voir resplendir l'aube, il faut traverser la nuit"

*

La campagne picarde. Un village dans lequel il ne se passe jamais rien. Mais un jour un meurtre. Vilor, le flic chargé de l'affaire. Et Blanche, cette si belle jeune femme de dix-sept ans, que tous les hommes convoitent...

Après La ballade de Sean Hopper que j'avais tant aimé, Martine Pouchain nous revient dans la collection "Exprim" avec un nouveau roman tout aussi maîtrisé. L'auteure n'a pas son pareil pour écrire des histoires dans lesquelles il ne se passe pas grand chose mais qui pourtant disent tout. Tout de la nature humaine.

Cette histoire de meurtre, cette enquête qui piétine si lourdement, toute cette affaire ne semble qu'un prétexte. Un jeu de dupe amusant qui donne toute sa force narrative au texte. Car ce qui intéresse vraiment Martine Pouchain c'est Blanche, la fille du défunt, et tous ces hommes qui gravitent autour d'elle. Blanche, sa réserve et son mystère. Blanche, force d'attraction irrésistible d'hommes plus différents les uns que les autres qui se défient, s'entrechoquent, se révèlent... 
"J'essaye de m'imaginer vivant avec elle, partageant tout avec elle, le réveil, le petit déjeuner, la salle de bains, le supermarché, mes peurs, nos rires. J'essaye. Je n'y arrive pas. Je ne peux me représenter qu'une image figée, icône somptueuse cernée d'or et pendue au mur, et moi devant elle, éperdu spectateur. Mais bientôt d'autres pensées s'immiscent, sensuelles. Je m'efforce de les chasser mais elles reviennent aussitôt, impérieuses, et mon corps se tend et frémit. Il y a deux Blanche que mon imagination tente en vain de réunir, et au milieu, rien."
Il y a un côté enivrant et très cinématographique dans les romans de Martine Pouchain. On aime se sentir plongé dans ses univers humbles, les images qui nous viennent spontanément en tête, la bande son suggérée, le choc d'un dénouement glacial...

J'aimerais tellement, je crois, qu'elle continue encore longtemps à écrire des romans comme La ballade de Sean Hopper et Traverser la nuit....

Dès 15 ans.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire