Trois beaux livres, lus dans le désordre (j'ai commencé par
Tonbo que m'avait conseillé une collègue avant mon départ en vacances) et qui,
après le pentacle du Poids des secrets (également chez Actes sud), forment le
nouveau cycle romanesque d'Aki Shimazaki.
Ces trois romans ont des narrateurs différents qui ont pour
point commun d'être liés à une même entreprise : la compagnie d'import-export
Goshima dans laquelle ils travaillent ou ont travaillé. Chaque livre se
concentre néanmoins sur leur histoire personnelle. Takashi Aoki (Mitsuba),
Tsuyoshi Toda (Zakuro) et Nobu Tsunoda
(Tonbo) ont des histoires bien différentes mais tous vont être, à un moment
donné, rattrapés par le passé. Un passé lourd qui s'éclaire à la faveur d'une
rencontre, d'une révélation.
Ces romans, au-delà de leur force narrative, sont autant de
témoignages sur la société japonaise contemporaine. On y découvre notamment le
poids considérable que tient l'entreprise dans la vie de l'individu,
l'importance des cours du soir, les codes qui régissent le rapport aux
autres...
On se fond totalement dans les histoires d'Aki Shimazaki, on
se laisse bercer par elles... L'auteure, qui s'est exilée à Montréal depuis
1991 et qui rédige en français, a encore une manière toute
"japonaise" d'écrire, un attachement à la nature et à sa
contemplation au fil des jours et des saisons.
La littérature japonaise m'apporte je crois beaucoup, sans
que je puisse raisonnablement l'expliquer. Un dépaysement, peut-être... un
apaisement, résolument.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire