mardi 9 août 2011

Mitsuba, Zakuro et Tonbo

Aki Shimazaki, Mitsuba (Actes sud, 2006) / Zakuro (Actes sud, 2008) / Tonbo (Actes sud 2011).


Trois beaux livres, lus dans le désordre (j'ai commencé par Tonbo que m'avait conseillé une collègue avant mon départ en vacances) et qui, après le pentacle du Poids des secrets (également chez Actes sud), forment le nouveau cycle romanesque d'Aki Shimazaki.

Ces trois romans ont des narrateurs différents qui ont pour point commun d'être liés à une même entreprise : la compagnie d'import-export Goshima dans laquelle ils travaillent ou ont travaillé. Chaque livre se concentre néanmoins sur leur histoire personnelle. Takashi Aoki (Mitsuba), Tsuyoshi Toda (Zakuro)  et Nobu Tsunoda (Tonbo) ont des histoires bien différentes mais tous vont être, à un moment donné, rattrapés par le passé. Un passé lourd qui s'éclaire à la faveur d'une rencontre, d'une révélation.

Ces romans, au-delà de leur force narrative, sont autant de témoignages sur la société japonaise contemporaine. On y découvre notamment le poids considérable que tient l'entreprise dans la vie de l'individu, l'importance des cours du soir, les codes qui régissent le rapport aux autres...

On se fond totalement dans les histoires d'Aki Shimazaki, on se laisse bercer par elles... L'auteure, qui s'est exilée à Montréal depuis 1991 et qui rédige en français, a encore une manière toute "japonaise" d'écrire, un attachement à la nature et à sa contemplation au fil des jours et des saisons.

La littérature japonaise m'apporte je crois beaucoup, sans que je puisse raisonnablement l'expliquer. Un dépaysement, peut-être... un apaisement, résolument.

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