Les déferlantes ce sont ces vagues qui frappent de plein fouet le Cap de La Hague, ce bout de terre âpre où la nature reprend ses droits, où le vent gifle les visages, où la mer avale ou recrache d'innocentes victimes. Mais le titre suggère aussi l'effet que produira sur un apparemment paisible village du bout du monde la présence conjointe mais non programmée de deux êtres, solitaires, venus là pour des raisons différentes.
Lambert, sous le couvert de la vente de la maison familiale
abandonnée depuis longtemps, recherche les traces d'un passé encore non
assimilé. La narratrice, quant à elle, est la spectatrice inattendue de
l'humanité en souffrance qui réside là. Intriguée par l'histoire de ces hommes
et de ces femmes, elle va devenir l'élément cathartique qui permettra à chacun
d'accoucher des douloureux souvenirs enfouis depuis des années dans les
consciences. Car devant cette présence étrangère, discrète et féminine, les
langues se délient peu à peu... Lentement, les vérités affleurent jusqu'à
littéralement exploser. Mais par le biais de ses recherches sur les existences
d'autrui, c'est sur ses propres souvenirs délicats et douloureux que la
narratrice réfléchit ; un passé personnel et un traumatisme qu'elle n'ose encore
dépasser.
Un livre bouleversant et fort à l'image de son titre qui
allie avec brio les descriptions d'une nature violente et hostile et celles
d'une humanité diversifiée et sensible. Le lecteur a le temps, tout au long de
ce dense roman, d'observer les multiples personnages qui évoluent dans un
unique décor. Il s'attache à eux et les retrouve à chaque reprise de la lecture
avec une certaine familiarité qui rend la traversée de ce roman tout
particulièrement agréable.
Un beau et "grand" roman.

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